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La discipline ne construit rien (il y a beaucoup mieux)

Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours associé le fitness avec cette idée de discipline.

Celle où il faut serrer les dents et ne pas hésiter à en faire toujours plus.

Il suffit d'ouvrir les réseaux sociaux pour le confirmer.

Il y a un lien évident entre des corps musclés, et une certaine forme de bravoure, de mérite que je trouve à la fois attirante et repoussante.

Comme si un homme "méritant" devait forcément faire des burpees avec un gilet lesté et courir 10km à 5h du matin tous les jours.

J'ai probablement fait l'erreur de me comparer avec ces influenceurs et j'ai essayé d'être comme eux.

Je me suis forcé.

Ça n'a pas tenu.

Je me suis senti nul.

Incapable.

Jusqu'au jour où j'ai compris que ces pratiques n'étaient que des stratégies. Et que je les avais empruntées à ces hommes-là. Elles ne m'appartenaient pas. Elles ne pouvaient pas répondre à mes besoins réels.

Il y a une raison à ça.

Un effort volontaire a tendance à renforcer l'habitude qu'il cherche à briser.

"La définition de la folie, c'est de faire toujours la même chose et d'espérer un résultat différent."
— Einstein

Ce qui signifie que le problème ne viendra jamais d'un manque de discipline. Il viendra de la stratégie que tu as empruntée qui travaille contre toi.

Heureusement, il existe une autre façon. Et elle a pour point de départ TOI, pas eux et leur vision du corps et de ce que tu devrais en faire.

Ce que plus de discipline ne t'apprendra jamais sur toi-même

Je dois avouer que l'image de l'homme ultra discipliné qui gère sa vie comme du papier à musique est hyper attirante.

Elle me donne une sensation de maîtrise, d'inspiration. Comme ces héros qui ne connaissent pas le doute et paraissent ultra-alignés. Dragon Ball Z, Rocky, Batman en costume.

David Goggins court les pieds en sang en te disant que c'est dans la tête. Je trouve ça admirable parce que ça a énormément de sens pour lui.

Mais après m'être longtemps dévalorisé de ne pas pouvoir fournir le même effort, une chose essentielle s'est imposée à moi.

Je n'ai pas sa vie.

Je ne partage pas toutes ses valeurs. Et si j'en ai des communes je ne les incarne pas de la même façon.

Je n'ai pas les mêmes buts, les mêmes envies.

Respecter son rythme est complètement différent de ne pas agir.

Ça veut dire choisir.

La discipline est une expression de l'identité.

Pas un effort contre soi-même.

Si je prends mon exemple personnel, m'entraîner tous les jours un minimum n'est pas un combat contre moi-même que je gagne car j'ai un esprit fort. Pas du tout. C'est juste que ça me coûte de ne pas le faire car c'est l'identité que j'ai choisi d'incarner (et ça n'a pas toujours été ainsi).

La discipline de tes influenceurs préférés n'est pas un effort. C'est une cohérence avec qui ils sont (et ce qu'ils choisissent de te montrer, ne t'y trompe pas).

Imiter une méthode sans partager leur identité, c'est emprunter une réponse calibrée pour une question qui n'est pas la tienne.

Donc il ne s'agit pas de faire plus, il s'agit de trouver des pratiques qui ont du sens pour toi.

Le problème n'est pas de trouver la bonne méthode, pas d'abord. C'est de trouver qui tu es quand tu prends soin de toi. La méthode vient après.

Autrement dit il s'agit de construire un système minimum viable de pratiques qui te soutiennent à partir de la question ''est-ce que je peux m'imaginer le faire indéfiniment dans ma vraie vie ?"

Quand la pratique CHOISIE part vraiment de toi, tu goûtes au plaisir. Et tu en veux plus.

C'est là que tu peux commencer à ajouter. Plus d'entraînement, plus de précision sur l'alimentation, plus d'hygiène de vie. La motivation n'est plus le moteur nécessaire pour démarrer. Elle devient le carburant pour aller plus loin. Et ça change tout.

Depuis que je décide ce que je FAIS depuis ce que je SUIS vraiment, de ce qui me soutient vraiment, ma vie m'appartient. J'ai obtenu le corps de mes rêves grâce à ce principe après avoir forcé des années à la salle sans résultat probant.

Construire ton propre chemin en 3 mouvements

Ne laisse jamais quelqu'un qui te dit "sois comme moi" entrer dans ta vie.

Tu ne leur appartiens pas.

Un bon guide te donnera un cadre. Il t'expliquera les possibilités, les mécaniques. Et il te guidera vers ce que TOI tu as envie de faire.

Pas quelqu'un qui te dit : fais ça, ça, ça, et tu seras comme ça.

Ça ne tient jamais.

Etape 1 — Le comportement n'est pas le problème

Avant de chercher quoi faire, regarde honnêtement ce que tu fais déjà.

Pas pour te juger. Pour comprendre.

Tu bois un verre en rentrant ? C'est pas le verre le problème. C'est ce qu'il cherche à satisfaire. Décompresser. Couper avec la journée. Te récompenser d'avoir tenu.

Tu grignotes le soir ? Même chose. C'est pas la faim. C'est un besoin de réconfort, de plaisir, de pause.

Tu ne changeras pas ce comportement en te forçant à l'arrêter. Tu le changeras en comprenant quel besoin il sert.

La question à te poser : qu'est-ce que ce comportement cherche à m'apporter ?

La réponse, c'est ton point de départ.

Etape 2 — Substituer, pas supprimer

Tu connais le besoin. Maintenant tu changes de stratégie pour l'atteindre.

Pas supprimer. Réaffecter.

Moi j'avais tendance à boire un verre en rentrant le soir. Même en sortant de la salle. Le besoin c'était de décompresser, de marquer la fin de journée.

Je n'ai pas supprimé ce besoin. J'ai changé la réponse.

Je passais à table directement en rentrant. Un repas qui me faisait du bien et envie.

Ensuite je me mettais au lit tôt avec un livre. Le besoin satisfait était le même mais j'utilisais une autre stratégie.

La nouvelle pratique correspondait à 100% à l'identité que je voulais incarner.

Trouve la pratique qui répond au même besoin. Et assure-toi qu'elle colle avec qui tu veux être.

C'est comme ça qu'on construit un mode de vie soutenant pour de bon.

Étape 3 — Embrasser le process, pas le résultat

Le résultat n'est pas une destination. C'est une conséquence.

C'est comme une peinture. Elle n'est jamais finie, sauf au moment où tu décides qu'elle l'est. Sauf qu'un corps c'est en perpétuel mouvement. Ça vieillit, ça change, ça évolue.

Ce n'est pas l'objectif le problème. Nous avons besoin d'objectifs pour avoir une direction et être heureux. C'est l'obsession de l'objectif que je questionne.

"Vous serez plus efficace dans tout ce que vous faites si vous ne focalisez pas votre attention sur le résultat, mais sur le processus."
— Vadim Zeland

Quand on court après le résultat, on ne vit pas ce qu'on fait. On le subit. On oublie de s'écouter, de respecter son rythme et son contexte personnel, parce qu'on veut changer.

Et ce qu'on subit, on finit toujours par l'abandonner.

Ce qui tient dans la durée, c'est ce que l'on choisi vraiment. Et un vrai choix n'existe qu'à partir de ce qu'on a vécu de l'intérieur.

Vis le process. Possède-le. C'est lui qui devient durable. Et c'est la durabilité qui produit les résultats.


Regarde aujourd'hui un comportement dans ton quotidien qui ne te ressemble pas.

Qu'est-ce qu'il cherche à te donner ?

Qu'est-ce qui pourrait le remplacer, depuis ce que tu es vraiment ?

C'est par là que ça commence. Par un vrai choix. Pas par un résultat à atteindre.

— Hugo.