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Ce que vous faites chaque jour décide de qui vous devenez.

Nous avons tous eu cette pensée au moins une fois.

On se dit qu'on veut changer pour se sentir mieux dans notre vie.

Tout de suite notre cerveau affiche le cliché du grand chantier qui va bouleverser tout notre quotidien.

Nous avons peur de l'ampleur de la démarche. De l'investissement qu'il représente. Et c'est bien normal.

Certains sont comme paralysés. D'autres prennent leur courage à deux mains et se lancent dans ce grand chamboulement.

Le point commun de ces deux type de réaction ? A plus ou moins 1 an voir moins... Les deux sont rendus au point de départ. L'un y est resté, et l'autre y est revenu car la motivation n'a pas tenu.

Les deux sont frustrés ou inventent une histoire qui justifie ce qui est arrivé pour se protéger.

Mais tout le monde est tombé dans le piège.

C'est ici que j'aimerais proposer une autre perspective. Ce ne sont pas les grandes décisions qui façonnent une vie.

Ce sont les petites, celle qui paraissent tellement insignifiantes qu'on ne les voit même plus.

 l'âge adulte, 95% de ce que l'on fait tourne en pilote automatique. Ce sont des habitudes, des comportements hérités de notre vécu.

Alors si ce que je pose là est vrai : le problème n'est pas la volonté d'agir ou notre capacité à maintenir cette volonté dans le temps.

Non. Le problème c'est qu'on n'a jamais vraiment choisi ces petits actes qui s'accumulent depuis des dizaines années...

J'aimerais vous proposer une façon de remettre les choses en perspective.

Et vous emmener en voyage, sur une île (vous allez comprendre).

Une accumulation de petits choix crée votre réalité

Le sens commun va toujours chercher du côté de la discipline et de la motivation. Je l'ai fait longtemps aussi. Je ne pense plus que ce soit là que ça se joue.

Ce qu'on fait chaque jour n'a presque jamais été choisi. Ce sont des comportements absorbés, imités, hérités.

Des conditionnements qui peuvent être contre votre intérêt. Ce qui fait que certaines actions que vous faites ne vous profitent pas à vous, mais à ceux qui ont un intérêt (conscient ou pas).

Quand je regarde une série le soir pour me détendre, est-ce que je le fais vraiment par envie profonde ou bien parce que le soir c'est ce que l'on a toujours fait à la maison.

Encore une fois à qui cela profite ?

Est-ce vraiment un choix conscient de ma part ou une habitude que je ne remets pas vraiment en question.

Cette habitude prend elle soin de moi ou sert elle d'autres intérêts que les miens ?

On s'est tous rendu compte un jour que les heures passées devant notre série favorite ne nous apportaient pas grand chose.

Une action "banale" répétée 365 jours par an ne produit pas 365 petits résultats. Elle détermine lentement qui nous sommes.

Et ça marche dans les deux sens.

Pour changer notre quotidien, prendre conscience d'un seul comportement qui nous tire vers le bas et le remplacer par un plus vertueux peut nous amener 6 mois plus tard à connaitre une énergie complètement différente dans notre vie

Il ne s'agit pas de tout changer d'un coup, c'est violent. Le cerveau risque de le vivre comme une menace. Et il va travailler contre votre intention pour vous protéger.

Il s'agit plutôt de devenir conscient, de regarder honnêtement la réalité à partir de notre propre paire de lunettes (pas celle des autre), puis de choisir délibérément quelques actes qui soutiennent notre vie.

"Tant que vous ne rendez pas l'inconscient conscient, il dirigera votre vie et vous appellerez ça le destin."
— Carl Jung

Un mode de vie qui résiste au chaos

La plupart des méthodes vous disent quoi faire sans prendre en compte qui vous êtes. Elles ne vous disent pas comment choisir ce qui va vraiment tenir.

Ce critère, je l'ai réduit à une seule question :

Est-ce que je peux faire ça dans une semaine particulièrement compliquée ?

Si mon système fonctionne uniquement lorsque le quotidien est optimal, il menace de s'effondrer à tout moment. Car par défaut, le quotidien est chaotique.

Si je saute ma séance de sport parce que mon enfant m'a réveillé 2 fois dans la nuit, je n'ai pas de système. Ma séance est mal conçue, trop ambitieuse ou inadaptable à ma réalité.


Si je me définis comme quelqu'un qui s'entraîne, est-ce que les aléas du quotidien peuvent effacer cette identité à leur guise ? C'est dangereux pour mon mode de vie et l'estime de soi.

Si cette pratique ne tient pas dans une semaine difficile, ce n'est pas une base. C'est un défi.

Un défi peut avoir sa place. Mais il ne peut pas servir de base.

"On ne s'élève pas au niveau de ses objectifs. On tombe au niveau de ses systèmes."
— James Clear

Imaginez une île.

La plage, c'est votre base. Ce que vous faites sans vous battre contre vous-même, même dans le chaos. Ces pratiques sont non-négociables. Vous en priver, ce serait comme changer de prénom.

Au-delà de la plage, il y a la forêt. On n'y entre que quand la plage est familière, qu'on s'y sent bien, que c'est facile d'y habiter. Quand la plage est sûre, la forêt devient accessible car on peut toujours décider d'y revenir sans se perdre.

Au-delà de la forêt, il y a la montagne.

La plupart des gens veulent attaquer la montagne avant d'avoir trouvé la plage. Ils veulent atterrir directement au sommet. Mais quand le vent se lève, sans plage pour se réfugier, on tombe dans l'océan. On repart de zéro. Sans repères.

Redescendre n'est pas un abandon. C'est retrouver sa base. Celle qui tient même quand la semaine est mauvaise.


Ma femme a écourté sa séance de sport l'autre jour. Elle n'avait pas pu s'entraîner comme prévu car ses jambes étaient trop lourdes.

On en a parlé. Elle avait quand même fait sa série d'abdos.

Je sais que c'est sa priorité en ce moment.

Elle a donc servi son objectif avec l'énergie qu'elle avait ce jour-là.

Elle aurait pu se raconter qu'elle était incapable de s'entraîner. Elle a choisi d'agir sans forcer.

Cette petite série d'abdos non-négociable à eu le mérite d'exister.

Et sur le long terme, réagir comme ça va lui rapporter deux fois : sur les abdos directement (sa quête du moment), et sur le maintien d'une pratique régulière.

Ce jour-là elle n'a pas pu aller dans la forêt. Elle est restée sur la plage. Et c'est exactement ce que le système que je propose prévoit.

Ce que vous faites chaque jour décide de qui vous devenez.

En choisissant consciemment nos actions, il n'y plus qu'à laisser faire la force de l'intention.

— Hugo