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Nos objectifs nous appartiennent-ils vraiment ?

Il y a quelques années, je m’entraînais cinq fois par semaine en Crossfit. L’objectif ? Devenir fort et puissant. Le genre d’homme capable de soulever des charges impressionnantes et d’enchaîner des WODs tel Rich Froning aux Crossfit Games.

C’était la promesse implicite de ce sport : devenir FIT en nous rapprochant le plus possible des hommes les plus FIT du monde.

Sauf que quelque chose ne tournait pas rond dans ma démarche.

Je le sentais sans vraiment le comprendre. Cet idéal ne me correspondait pas. Je me suis longtemps demandé si j’avais perdu mon temps… C’est certain que non car j’y ai gagné de sacrés qualités physiques. Mais cette identité que j’essayais de fabrique n’était pas celle de l’homme que je voulais vraiment devenir.

Le piège des injonctions

Nous voulons changer, alors nous nous mettons une pression incroyable pour réussir.

Nous planifions notre grand retour aux commandes de notre vie avec des ambitions démesurées. Et puisque nous manquons souvent de lucidité — et que nous idéalisons nos capacités — ça ne tient jamais sur le long terme.

Le problème, c’est que quand tout s’écroule comme un immense château de cartes, notre estime de nous-même en prend un sacré coup.

Et si nous n’avions pas vraiment besoin de tout ça ?

Si au lieu de répondre aveuglément aux injonctions glanées ici et là de ce qu’un homme devrait être — injonctions pouvant considérablement varier d'un influenceur fitness qui prône l'homme alpha à un article woke — nous nous interrogions sincèrement sur les raisons qui nous poussent à vouloir prendre soin de notre corps ?

Qu’est-ce que ça veut dire pour nous, vraiment ?

Après tout, nous sommes des hommes qui cherchons à élever notre niveau de conscience pour mieux comprendre notre place dans l’univers.

L’ exercice qui change tout

J’ai découvert un exercice lors d’un stage de Communication Non Violente que j’ai un peu adapté. C’est simple, mais assez bluffant vous allez voir.

Prenez une feuille et dressez une liste d’injonctions. Des choses que vous pensez devoir faire.

Dans ce format : “Je dois xxx”.

Ensuite, remplacez chaque “je dois” par “je choisis de” et demandez-vous quel besoin est vraiment en jeu.

Enfin, interrogez-vous : est-ce que c’est vraiment important pour moi ?

Laissez-moi vous montrer avec mon exemple.

Je dois m’entraîner tous les jours pour avoir le corps de mes rêves.

Première étape : je transforme.

Je choisis de m’entraîner tous les jours pour avoir le corps de mes rêves.

Ici, le besoin en jeu n’est pas évident. Il faut creuser.

Au fond, je sens que je fais ça pour nourrir ma confiance en moi — dans mon apparence, dans mes capacités. Je veux aussi prendre la responsabilité de faire fonctionner mon corps du mieux possible pour me sentir fiable le plus longtemps possible et assurer mon autonomie.

Mais il y a autre chose. Quelque chose de plus profond : la souveraineté.

Je définis la souveraineté comme le fait de s’affranchir des conditionnements sociaux pour vivre pleinement selon mes valeurs profondes. Dans mes valeurs, il y a la fiabilité et la capacité physique. Je sais que prendre soin de moi me permet de vivre cette valeur qui compte vraiment pour moi.

Alors je reformule :

Je choisis de m’entraîner tous les jours pour me sentir souverain de ma vie, en confiance, et faire fonctionner mon corps de façon optimale pour me sentir fiable et capable.

Ouf… C’est beaucoup plus clair. Et surtout, c’est beaucoup moins violent pour moi.

Je sais maintenant que cette démarche m’appartient vraiment. Elle ne répond plus à une pression externe, mais à quelque chose qui vient de l’intérieur. Et vous savez quoi ? Il devient infiniment plus facile d’agir quand nos actions sont alignées avec notre for intérieur.

À votre tour

Je vous invite à faire cet exercice. Planifiez un créneau de 15 minutes dans votre agenda cette semaine, sortez votre carnet, et explorez vos propres injonctions.

Et si vous le souhaitez, répondez directement à ce mail pour me partager ce que vous avez découvert. Je réponds à tous les messages et je serais sincèrement curieux de savoir ce que cet exercice révèle pour vous.

Nous sommes des hommes qui choisissons consciemment nos chemins plutôt que de suivre aveuglément les routes tracées pour nous par le système.

La question n’est pas : que devrais-je faire ?

Mais plutôt : qu’est-ce que je choisis vraiment — et pourquoi ?

Hugo