Le mouvement est un acte de résistance
Ce week-end, j’ai vidé ma cave. Brouettes de gravats et de terre, outils à ranger, établi à construire pour mieux m’organiser dans les travaux de ma maison. Deux jours de labeur intense. Je me suis senti plus vivant que dans la plupart de mes entraînements. Ça m’a donné envie de réfléchir à notre rapport au mouvement. Je vous emmène ?
Pourquoi nous entraînons-nous ?
Nos modes de vie modernes visant à rendre la vie de plus en plus facile et confortable ont oublié une donnée essentielle : notre corps est fait pour bouger.
La nature a mis au point une incroyable conception qui peut soulever, porter, saisir, sauter, ramper et se déplacer sur des distances conséquentes.
Le fitness est une réponse au fait que nous n’utilisons plus notre corps tel que prévu par la nature.
Mais cela engendre des problèmes que vous connaissez probablement assez bien : stockage de graisse, douleurs chroniques au dos, aux articulations, problèmes hormonaux influençant l’humeur et l’état d’esprit.
Et il y a des douleurs plus profondes, invisibles : à quoi je ressemble, suis-je fier de moi, suis-je physiquement autonome et fiable ?
Vous traitez les symptômes… pas la cause
Imaginez votre corps assis sur une chaise, un siège de voiture, allongé dans un lit pendant 23h. Maintenant mettez ces 23h en concurrence avec l’heure de sport que vous vous forcez à faire.
Ce rapport au corps n’a aucun sens, et pourtant c’est l’idéal que nous rêvons d’atteindre pour nous sentir “en bonne santé” — un idéal basé sur ce qui est suffisant, pas sur ce qui est réel.
Les salles de sport vous proposent un créneau d’une heure non parce que c’est optimal, mais parce que ça s’intègre dans un agenda qui ne laisse aucune place au reste. Et ce que vous y faites souvent, c’est payer votre dette sur vous-même : brûler des calories, dépasser vos limites, stresser votre corps encore plus qu’il ne l’est déjà.
J’ai une question : est-ce qu’un cachet de paracétamol soigne la raison de votre mal de tête ?
Quelques pistes pour résister
J’espère que vous l’avez compris : un programme sportif, si complet soit-il, ne résout qu’un problème à court terme. Se remettre en forme, perdre du poids, se sentir mieux dans son corps sont des objectifs temporaires. La vision long terme, elle, se construit dans votre façon de vivre au quotidien.
Les personnes qui vieillissent bien sont celles qui ont trouvé un sens profond à ce qu’elles font, qui sont connectées à leur corps et à leurs besoins, pas celles qui suivent un programme. Le fitness mélange “devenir athlète” et “être en forme” — ça motive certains, tant mieux, mais ce qui compte vraiment, c’est ce que vous faites chaque jour pour renouer avec vous-même.
Quelques pistes concrètes que j’ai expérimentées :
- Travailler debout : si vous pouvez aménager ça, essayez.
- Marcher plus : organiser vos appels en marchant, faire une marche digestive en famille, randonner le week-end.
- Bricoler, jardiner, jouer : vider une cave, ranger des outils, construire un meuble, cultiver son jardin… ces moments reconnectent à votre physicalité et vous donnent une satisfaction réelle.
- Courir lentement, petit à petit : une à deux fois par semaine. Pour vous, pas pour Strava.
- Musculation : concentrez-vous sur votre corps dans sa globalité, pas juste le cardio. Deux à trois séances par semaine suffisent pour entretenir votre masse musculaire et votre autonomie physique.
Hugo