Le corps n'est pas une machine
Récemment, je suis tombé sur le reel d’un influenceur qui se vantait de passer ses journées de travail sur un tapis de marche glissé sous son bureau. Il “prenait soin de lui” en même temps qu’il travaillait. Évidemment, lien d’affiliation pour acheter le tapis dans la description.
Depuis que je vois ces tapis, j’ai trouvé ça bien pour mettre à profit les longues heures devant les écran, j’en ai même voulu un. Mais ce jour là, j’ai senti quelque chose me déranger. Pas le fait de marcher en travaillant — ça peut avoir du sens pour certains. Ce qui me dérange, c’est le sens qu’on donne à cette action.
Vous n’êtes pas une machine
On nous vend l’idée qu’on peut réduire notre corps à une équation simple : input (marcher sur un tapis) délivre un output (je prend soin de moi). Comme si le bien-être était une variable qu’on ajuste mécaniquement. Comme si ton corps était juste une machine dans laquelle tu mets du mouvement et tu obtiens de la forme physique.
Sauf qu’un corps, c’est plus complexe que ça. C’est un système hormonal, des émotions, une relation à l’environnement. Ce n’est pas simplement faire une action pour obtenir un résultat. L’humain cherche naturellement à se transcender depuis la nuit des temps, pas à optimiser sa productivité en marchant devant un écran.
Le vrai problème, c’est qu’on se convainc qu’on peut continuer notre mode de vie délétère — écrans, déconnexion, nourriture industrielle, absence de nature — en ajoutant un gadget. On coche une case “santé” sans rien changer au fond. Et pendant ce temps, le système en profite : les entreprises se donnent bonne conscience (“nos salariés sont en forme”) tout en nous gardant plus longtemps captifs devant nos écrans. Le 1984 de Orwell version 2026.
La vraie question
Marcher, ce n’est pas juste bouger ton corps. C’est te connecter à ton environnement : sentir le sol sous tes pieds, entendre les oiseaux, respirer l’air, voir des vrais gens. C’est refuser cette forme de confort asservissante proposée par le système, pas t’y enfoncer davantage en cherchant la facilité.
Je ne juge pas ceux qui utilisent un tapis. Moi-même, je me suis laissé avoir par des gadgets comme des massage guns, des applications et des hacks d’optimisations en tout genre. Parfois, l’objet qu’on nous vend remplace l’action qu’on pourrait mettre en place avec notre propre corps, notre propre organisation et surtout notre réalité.
Ce qui nous différencie
Nous sommes des hommes qui raisonnons en termes de système, pas d’actions isolées. Nous regardons la cohérence globale de notre vie, pas juste les cases qu’on coche. Nous refusons de traiter notre corps comme une variable d’ajustement pour rester productifs plus longtemps.
Je vous propose un exercice pratique. Le ferez vous ?
Observez : où cherchez-vous à “cocher une case santé” sans rien changer au fond ? Où vous traitez-vous mécaniquement ? L’heure de sport que vous vous imposez, les compléments alimentaires que vous prenez, les gadgets que vous avez acheté récemment. Est-ce que ça change vraiment quelque chose mis dans le prisme de la totalité de vos actions ?
Pas de jugement comme toujours ici. Juste une invitation à regarder.
Hugo