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La question que personne ne pose

Ou comment agir "comme un homme" sans jamais avoir défini ce que ça veut dire pour soi...

Il y a quelques semaines, ma femme m'a posé une question simple : "Mais c'est quoi, vraiment, pour toi, la masculinité ?"

J'ai bafouillé. Et j'ai réalisé que je n'avais pas de réponse.

Pas parce que je n'y avais jamais pensé. Parce que je n'avais jamais vraiment eu à y répondre. Comme la plupart des hommes autour de moi.

Et pourtant, regardez ce que ça produit, cette absence de définition.

Des hommes qui se lancent dans des défis physiques extrêmes sans savoir pourquoi. Des hommes qui cherchent à s'imposer dans leur travail, leur couple, leur entourage, pas par choix, mais par réflexe. Des hommes qui font du tort aux gens qu'ils aiment sans comprendre ce qui les pousse. Des hommes épuisés de tenir un rôle qu'ils n'ont jamais choisi.

J'en faisais partie.

Le problème, ce n'est pas la masculinité. C'est qu'on agit selon une définition qu'on n'a jamais formulée, au service de valeurs qu'on n'a jamais vraiment choisies. On reçoit une injonction floue, sois un homme, assure, domine, performe, et on s'y conforme sans se poser la question de ce qu'on veut vraiment construire.

Posez-vous cette question : est-ce que vous avez déjà défini ce que c'est, pour vous, être un homme en 2026 ?

Pas ce que votre père en pensait. Pas ce que les réseaux sociaux vous vendent. Pas ce que la société attend de vous. Vous.

Lire l'essai Repenser la masculinité : de la domination à la souveraineté

Parce que tant qu'on ne l'a pas fait, on navigue à vue dans un monde qui a tout intérêt à ce qu'on reste confus. Un monde qui propose deux seules options : la domination ou la culpabilité. Le mec qui écrase ou le mec qui s'excuse d'exister. Les deux sont des impasses. Les deux vous éloignent de ce que vous pourriez vraiment être.

J'ai essayé de répondre à cette question honnêtement. Ça m'a pris du temps. Et ça m'a conduit à une distinction simple, qui a changé quelque chose pour moi, entre dominer et être souverain.

Ce n'est pas un concept. C'est une façon de vivre concrètement différente. Agir depuis un endroit choisi plutôt que subi. Être solide sans avoir besoin d'écraser, sensible sans avoir besoin de s'en excuser. Arrêter de vivre pour prouver des choses aux autres et commencer à se construire autour de ses aspirations profondes.

Des hommes qui font ce travail me disent tous la même chose : ce n'est pas qu'ils sont devenus parfaits. C'est qu'ils se reconnaissent enfin. Qu'ils agissent depuis un endroit intérieur plus stable, plus ancré, plus authentique. Que leurs relations respirent différemment. Que la fatigue chronique de tenir un rôle commence à se dissiper.

Ce n'est pas une promesse de transformation spectaculaire. C'est plus discret et plus profond que ça.

J'ai mis tout ce cheminement dans un essai. L'origine du problème, ce qu'on observe sur le terrain, et surtout une façon de penser sa masculinité qui ne vous oblige pas à choisir entre la force et la sensibilité, entre l'ambition et l'équilibre, entre être un homme et être vous-même.

Parce que vous pouvez être tout ça. Et c'est là que ça devient intéressant.

Lire l'essai Repenser la masculinité : de la domination à la souveraineté

Hugo