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Pourquoi je mange toujours la même chose

Il est 19h. Tu rentres du boulot. T'as faim. Tu commences la bataille du compromis avec ta femme sur ce que vous allez manger ce soir. Personne n'a envie de s'en occuper. Tu finis par commander, ou par te faire un truc vite fait, pas vraiment choisi, pas vraiment bon.

Tu te dis que c'est un problème de volonté. Que si t'étais plus discipliné, tu cuisinerais mieux, tu varierais plus, tu mangerais plus sain.

C'est pas ça le problème. Le problème, c'est d'avoir encore une décision à prendre à 19h après une journée de travail. Et cette décision, multipliée par trois repas par jour, sept jours par semaine, cinquante-deux semaines par an, c'est ce qui finit par user tout le monde et qui conduit à manger n'importe comment.

Moi je mange presque la même chose tous les jours. Et c'est exactement pour ça que je tiens un corps capable, sans prendre de gras, sans compter, sans y penser, avec une vie bien remplie, mon boulot, ma famille, une maison à retaper, mes entrainements et un potager.

Dans cette lettre, je te montre ce que je mange concrètement, pourquoi la variété est un piège, et pourquoi choisir une fois vaut mieux que choisir trois fois par jour.


Ce que je mange vraiment

Voilà ma journée type.

Le matin : un yaourt, 30 g de whey, une cuillère de miel, une poignée de fruits rouges quand j'en ai. Si je m'entraîne le matin, j'ajoute un pancake ou une tranche de pain maison.

Le midi : 4 à 5 œufs, 25 g d'emmental râpé, 200 g de riz. Et en dessert, encore un yaourt avec 30 g de whey.

Si j'ai un cardio long dans la journée : une demi-pomme en quartiers, une cuillère de miel. C'est tout.

Le soir : 300 g de viande rouge, 200 g de pommes de terre ou de riz, une portion de légumes verts, du brocoli la plupart du temps. Et un carré de chocolat noir pour finir.

Ma base ne bouge presque pas. Je fais juste varier les quantités ou les éléments. Poulet à la place du bœuf. Bœuf à la place des œufs. Pain à la place du riz. En fonction de ce que j'ai à dispo et de ma charge d'entraînement du jour.

C'est pas sexy. C'est pas instagrammable. C'est 5 ou 6 bases en rotation, avec deux ou trois ajustements selon le besoin énergétique du moment. C'est aussi simple que ça.


Pourquoi ça marche

Un repas, c'est d'abord de l'énergie. Pense a un plein d'essence. Ce que je veux dire c'est que l'idée n'est pas d'être dans une recherche de plaisir ultime trois fois par jour.

Dès que tu remets la nourriture à sa place, tu arrêtes de te demander ce que tu vas manger. Tu arrêtes de calculer. Et pour ma part, chaque bouchée de mes plats quotidien me réjouis et me fait ressentir de la gratitude. Pas besoin d'un burger frite pour ça.

L'avantage c'est que sais déjà ce que tu vas manger chaque jour. Et ton corps, lui, sait exactement ce qu'il reçoit, c'est sécurisant. Ça permet de garder une énergie prévisible et constante chaque jour.

Je ne conçois pas ça comme de la privation. Justement, c'est l'inverse. C'est une charge mentale en moins.


Le piège du "se faire plaisir"

Le mot qui m'agace le plus en ce moment, c'est "se faire plaisir". Tout le monde le sort. "Bah ouais, faut se faire plaisir."

Regarde concrètement ce que ça veut dire. Ça veut dire manger plus gras, plus sucré, plus de quantité, plus souvent. Ça veut dire céder à l'envie du moment en appelant ça de la liberté.

C'est pas de la liberté. C'est de la réaction.

Si t'alimenter via cette notion de plaisir "gras, sucré, généreux" est importante pour toi c'est probablement une stratégie pour répondre à un besoin qui pourrait être satisfait autrement que par manger. Tu n'aurais pas le côté négatif de la prise de poids, des ballonnements, des crashs d'énergie.

La vraie liberté, c'est de choisir en amont ce qui te fait vraiment plaisir. Des aliments que tu aimes vraiment. Des bases que tu as validées. Et de les répéter. De les ajuster. Sans y réfléchir trois fois par jour.


Et les écarts alors ?

Je suis pas en mode moine. Une à deux fois par semaine, on se fait un repas plus original à la maison. Un truc plus élaboré, qu'on cuisine, qu'on prend le temps de manger ou un resto. Et c'est là que le plaisir reprend sa place. En fait ce plaisir est lié au partage, au côté social et bien sur à un peu plus de gras....

Côté famille, autre point. Chez nous, chacun mange son assiette. J'ai mes besoins, ma femme a les siens, ma fille a les siens. On ne se force pas à manger pareil. Le seul moment où on mange la même chose, c'est justement ce repas un peu plus exceptionnel. Le reste du temps, chacun son carburant.


La qualité, pas la complexité

Ce que je préfère faire c'est aller chercher de la qualité dans mes ingrédients que de la complexité dans mes recettes.

Parce que les recettes compliquées prennent du temps, de l'énergie, de la logistique. Tu prévois, tu fais les courses, tu cuisines, tu ranges. Ça occupe beaucoup d'espace mental. Pour vivre dans un corps qui te plait il faut éliminer toute forme de friction. Ça te donne toute tes chances d'appliquer le plan que tu as prévu. Si tu laisse le hasard s'installer dans ta vie, c'est comme tout, tu ne contrôles plus rien, tu ne choisis plus.

Manger la même chose, c'est pas de la rigidité. C'est un système qui tient même quand la vie deviens chaotique.

Inventer la roue à chaque repas, c'est pas de la liberté. C'est juste une façon se saboter tes résultats en appelant ça un choix.

Hugo